Action ! 16 avril 2018 Place de la Liberté

Ci-après, copie d’un des textes lus pendant la manifestation du Gang des Vieux en Colère !

 » Monsieur le Premier ministre,
Mesdames, Messieurs les ministres,

Nous, les Vieux, sommes en colère.
Alors voilà, écoutez-nous ! 
Nous voilà réunis sur cette place qui porte le nom de la Liberté et dont le prix inestimable n’a pu se compter qu’avec le sang et les larmes de nos anciens.
Et nous, les Vieux, nous portons le deuil pour honorer ces héros qui se sont soulevés. Nous sommes en deuil pour montrer à tous que le sang versé pour défendre notre simple droit au respect n’ait pas été versé pour rien !
Alors voilà, nous sommes là, vos mères et vos pères, parce que nous sommes les enfants des gens qui ont donné leurs vies pour que le nom de cette place, LIBERTÈ ait un sens. Nous sommes là pour que la dignité qui doit couronner cette liberté soit un droit, soit votre empreinte, soit votre signature.
Et pourtant, vous qui nous gouvernez, où êtes-vous ? 
Vous êtes absents.

Nous, les Vieux, qui vous avons donné la vie et au-delà de l’amour, l’éducation et la confiance, nous vous avons donné les rennes de la gouvernance. 
Alors voilà, nous, les vieux, nous exigeons une réponse à la hauteur de la charge que nous vous avons concédée. Une exigence qui ne devrait pas l’être. Une exigence qui n’est que la simple résultante de votre engagement : Vieillir décemment !
Alors voilà, devons-nous aujourd’hui mener un nouveau combat au nom de la dignité, la vôtre, la nôtre, celle de vos enfants, de nos petits-enfants, et des générations suivantes ? Est-ce bien honorable que nous soyons ici pour vous le rappeler ?
Alors voilà, le XXI siècle est arrivé, et ce siècle nous regarde vous remettre une supplique qui ne devrait pas être. 
Alors voilà, vous qui avez la mémoire courte, nous vous rappelons qu’on s’est battu le siècle dernier. On s’est battu en ’18, on s’est battu en ’40, on s’est battu en ’68 pour que vous puissiez jouir de cette liberté, de cette décence exsudée par le sol d’où nous vous parlons.

Alors voilà, est-ce que vieillir est devenu une tare ? 
Allez jusqu’au bout de vos projets infâmes. Abolissez les aides à la recherche médicale, la recherche contre le cancer, la recherche contre sclérose en plaque, la recherche contre Alzheimer. 
Les belges mourront plus vite, ils n’auront pas le temps de vieillir, ça coutera encore moins. 
Mieux, avec une euthanasie forcée le ministère des pensions sera devenu obsolète parce qu’inutile. 
Mieux, plus besoin de Ministre des Pensions ! 
Mais heureusement nous ne vivons pas encore, quoique pas loin, dans ce monde inhumain décrit par Georges Orwell. 
Alors voilà, de toutes nos forces faisons droit à la dignité de la vie jusque dans la vieillesse.
Nous voici réunis pour battre le rappel. 
Entendez-nous, mesdames, messieurs les ministres qui vous croyez si grands !

Toi ma fille, toi mon fils, toi ma nièce, toi mon neveu, et nous, les vieux, nous sommes ici pour vous obliger à respecter les engagements pris envers les gens de cette nation. Nous vous avons élus dans l’espoir d’une existence en accord avec le bien-être que nos sacrifices et notre travail paye tous les jours.

Alors voilà, au nom de la démocratie qui ne saurait être galvaudée par elle-même, rendez aux vieux une partie de l’impôt qui vous est si chèrement donné chaque jour. Rendez à vos anciens ce qu’il faut pour que leurs pensions soient simplement décentes. 
Une retraite décente, prélevée sur la sueur du peuple, universelle, sans distinction de parcours professionnel ou personnel, adaptée au coût de la vie, exonérée de calculs sujets à caution, que l’on pourrait fixer aujourd’hui à 1500 euros net chaque mois et qui servirait de mètre étalon.
Alors voilà, mesdames, messieurs du gouvernement, si vous nous entendez, on pourra dire, et l’histoire le dira, que pour les vieux de demain, vous aurez été à la hauteur.

Jean-Claude De Mulder – 16 avril 2018

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