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 Un point sur la Table ronde des « AIDANTS PROCHES » du 20/06/19

La table ronde  de « AIDANTS PROCHES (AP asbl) » s’est tenue à Bruxelles, à la Chambre des représentants.

Elle a rassemblé une quarantaine de participants, aidants, associations et professionnels. Les représentants des partis francophones étaient respectivement C. Fonck (CDH), J.-M. Delizée (PS), D. Clarinval (MR), M.-J. Riquet (Défi) et M. Gerkens (Ecolo). Le PTB, pris par d’autres engagements, n’a pas pu être présent.

La table ronde a débuté avec la présentation par M. Jezierski, des asbl Aidants Proches et Aidants Proches Bruxelles, suivi d’un exposé sur le profil des aidants. Puis G. Aubouy (chargée d’études-asbl Aidants Proches) a présenté les 10 actions du mémorandum des asbl, en lien avec les axes des programmes préélectoraux des partis politiques francophones.

Enfin A. Tasiaux, juriste à l’Université de Namur, a procédé au décryptage de la loi de reconnaissance votée le 04/04/2019, mettant en évidence ses limites d’application.

Le reste de la matinée a été consacré aux échanges avec les représentants des partis politiques, autour de 3 thèmes : 

  • La conciliation de l’emploi et de la vie privée des AP,
  • L’attention portée à la santé des AP
  • L’enjeu d’une fiscalité qui leur soit réellement dédiée.

De manière générale, les politiques ont repris à leur compte la nécessité d’aller plus loin que la loi de 2019 sur les AP. Ils se sont engagés à y retravailler au plus vite pour lever les incertitudes qu’elle comporte.

L’urgence est qu’elle entre en application dès le 01/10/19, alors que le Gouvernement fédéral est pour le moment, dans une phase de transition, suite aux élections. Il revient à la Ministre de la santé de mener à bien la concertation avec les principaux acteurs (dont les mutuelles) chargés d’opérationnaliser cette loi. Tous les partis s’engagent aussi pour soutenir une individualisation des droits sociaux (disparition du statut de « cohabitant légal » qui pénalise les aidants, les vieux qui s’entre-aident etc).  

La conciliation emploi-famille : 

C’est l’une des charges la plus lourdes des aidants.

Aboutir à la mise en place de congés spécifiques, dispenser les aidants de recherche d’emploi, prendre en compte les périodes d’aidance pour la pension… sont quelques-uns des axes du mémorandum des asbl AP et AP -Bxl.

« Des enfants de parents lourdement dépendants ont perdu leur droit au chômage et la petite compensation de 200 €… ils ont tout perdu. Alors j’aimerais bien savoir comment ils vont être réinsérés, réintégrés dans leurs droits : qu’est-ce que je vais leur dire quand je vais les revoir ? »
(Une participante)  

La santé des aidants :

Les asbl AP et AP Bxl plaident pour une réelle prévention de la santé des aidants. Par exemple, enregistrer les informations liées à l’aidance dans les « dossiers médicaux globaux » (DMG) de l’aidant et de la personne âgée aidée.

« Les solutions de répit… Ce n’est pas tant un problème de qualité, c’est surtout une inadéquation aux besoins des gens, ce qui n’est pas du tout la même chose ! Aujourd’hui, on ne construit pas les services à partir des besoins des gens mais on crée un service à partir de ce qu’on pense être les besoins des gens, et ensuite, à eux de rentrer dans le moule »
(Une participante)

Une fiscalité soutenante pour les AP :

Les asbl encouragent à l’individualisation des droits sociaux et à un bonus fiscal destiné aux aidants…

« En tant qu’aidant, il faut vraiment une reconnaissance au niveau financier, parce qu’arrêter de travailler plus tôt, c’est un manque à gagner ! Si je devais faire le calcul de ce qu’on a perdu, il y a un grand bénéfice pour la société, mais nous, on n’y a pas gagné… De plus, c’est important d’être reconnus parce qu’on est invisibles. Invisibles parce que la vulnérabilité psychique du proche ne se voit pas, et invisibles parce que quand ça se passe mal, c’est souvent à la maison qu’on gère »
(Une participante)