Pensions : une répugnante démagogie anti-vieux !

Démagogique et calomnieux, le titre de Moustique / La Libre daté du 18 janvier :

Les seniors sont-ils trop bien lotis en Belgique ?
« Cette solidarité se fait sans les jeunes et contre les jeunes ».

« Trop bien lotis », les Vieux et les Vieilles ! ?

Avec des pensions de 1.619 euros pour une carrière complète !
Sachant que pour ceux qui n’ont pas une carrière complète de 45 ans (c’est-à-dire l’immense majorité), la pension diminue d’autant !
Et que, avec la hausse des produits alimentaires et des loyers, la misère frappe à la porte de beaucoup de pensionnées et pensionnés !

En janvier 2023, 899.174 personnes ont touché la pension minimum, dont 372.452 hommes et 526.722 femmes (L’Echo, 9 janv. 2024).
Et 125 000 personnes, dont 65% de femmes, sous la pension minimale touchaient le complément GRAPA (garantie de revenu aux personnes âgées), qui les amène juste au seuil de pauvreté.
Trop bien lotis !?

« Sans les jeunes et contre les jeunes » ! ?

C’est le refrain des démagogues : opposer les jeunes aux vieux, diviser pour régner !

Les anciennes générations se sont battues pour assurer à tous un droit à la pension.
Les pensionnés actuels ont cotisé toute leur vie pour payer les pensions des anciens.
Et nous nous battons aujourd’hui pour que les jeunes y aient droit à leur tour.

 Au nom de la solidarité, attaquer la solidarité

Moustique rapporte les propos de Jean Hindriks, économiste à l’UCL, qui se réclament soi-disant de la solidarité : “(Mais) cette solidarité (…) se fait sans les jeunes et je pousserais même en disant “contre” les jeunes« .

Le journaliste de Moustique enchaîne : « Les aînés sont en effet moins concernés par la pauvreté que tous les autres groupes de la population : parents isolés, ménages à faible intensité de travail, locataires, migrants hors UE, travailleurs peu qualifiés… ».

« Tous les autres groupes de la population » ! ?
Qu’en est-il des nantis, des gros patrons, des cadres supérieurs, des avocats fiscalistes, des bureaux de consultance à la Deloitte, des fraudeurs du fisc et des multinationales qui échappent à l’impôt ?

C’est une manipulation de l’opinion que de faire croire que les pas-tout-à-fait pauvres sont responsables de la pauvreté des plus pauvres.

Nous, les Vieux en Colère, nous combattons les misères, toutes les misères !
Nous, nous sommes vraiment solidaires des démunis, de tous les démunis !
Voilà pourquoi nous exigeons d’abord et surtout la justice fiscale et la juste contribution de tous  à la solidarité !

Défendre et renforcer le « premier pilier » des pensions

Le grand patronat, la droite gouvernementale et leurs porte-flingues journalistiques et académiques ne rêvent qu’à démanteler la sécurité sociale et privatiser les pensions.

Le système actuel des pensions est précisément basé sur la solidarité à travers les cotisations sociales. C’est ce qu’on appelle le « premier pilier » des pensions (nous relire ICI )

Or depuis des décennies, les gouvernements successifs se sont acharnés à affaiblir ce « premier pilier » en minant les ressources de la sécurité sociale, en baissant les cotisations patronales (qui en fait ne sont que du salaire différé des travailleurs), et en faisant échapper à la sécurité sociale toute une partie des revenus (innombrables mesures de défiscalisation, de détaxation, voitures de société, chèques-repas, etc.).

Le « problème des pensions » n’est pas dû aux pensionnés, mais au déficit organisé des recettes de la sécurité sociale !

Et maintenant qu’il a lui-même travaillé à saper le système, le capital crie à sa faillite et invente des « solutions » tout à son profit : les assurances de groupe au sein de certaines entreprises et pour certains travailleurs (le « deuxième pilier »), et – mieux encore – l’épargne pension basée sur la capitalisation individuelle (le « troisième pilier »).

Les sociétés d’assurance et les fonds de pension vont-ils mieux assurer l’avenir de nos pensions ? Bien sûr que non – mais entretemps ils se promettent pour eux-mêmes de plantureux bénéfices !

Déshabiller Jean pour habiller Paul

Moustique dénonce « les seniors qui touchent les allocations les plus hautes (jusqu’à 8.000 euros par mois) ».
Pure démagogie ! Car seule une toute petite minorité des fonctionnaires bénéficie des pensions les plus hautes. Et cette année, aucun d’entre eux n’est d’ailleurs dans les conditions de toucher la pension maximale, faute de carrière complète (L’Echo, 15/1/2024).
Remarquons en passant que les fonctionnaires n’ont pas droit aux pensions complémentaires, contrairement aux cadres du privé.
Facile d’agiter des chiffres impressionnants, pour faire oublier les vraies responsabilités !

Et Moustique de présenter la solution qu’il prête à Jean Hindriks : supprimer l’indexation des « hautes pensions » des fonctionnaires.

A partir de quel montant, pour que cela rapporte plus que des cacahuètes ?
En tout cas, voilà une proposition qui charmera l’oreille des grands patrons, en chantant leur chanson préférée : supprimer l’indexation pour quelques-uns … avant de la supprimer pour tous !

Bob R et Pierre M

Nos membres réagissent 😡

La réponse à Moustique est très juste. J’ajoute une remarque à titre personnel car ça me touche fort.
J’ai payé pendant toute ma carrière pour la sécurité sociale.
Depuis les années 80, j’ai sacrifié des index et payé une cotisation sociale supplémentaire « de solidarité » pour les pensions.
Et maintenant, voilà un professeur d’université qui vole au secours d’une attaque haineuse contre la sécurité sociale.
Cela frôle de près le type de démagogie digne de l’extrême-droite comme le Vlaams Belang et la N-VA.
En plus, l’image des vieux et des vieilles est tout à fait dénigrante et d’un humour plus que douteux.
Il est dur de voir dans cet article comment un hebdo comme Moustique arrive à banaliser l’infamie.
Le groupe le plus faible (voir le sort des vieux pendant le COVID) est présenté comme un des plus nantis de l’Europe et comme de vulgaires profiteurs vivant égoïstement aux dépens des jeunes.
Alors que le même Moustique reconnaissait il y a quelques mois que les pensions en Belgique sont parmi les plus basses de l’Europe…
Avoir des problèmes pour présenter un budget en équilibre à l’Europe est une chose.
Mais susciter la haine bestiale pour arriver à ses fins, c’est fermer la porte à tout respect humain et démocratique.

C.M.

D’après ce qu’on lit dans cet article, il serait question de solidarité.

Solidarité, mon c…

Il n’y a aucune solidarité à désigner fallacieusement une catégorie de personnes comme bouc émissaire. C’est plutôt l’inverse. C’est fallacieux car historiquement, ce sont des vieux qui ont lutté pour obtenir des acquis pour les plus jeunes, ce sont les vieux qui sont les fondements de toute civilisation, ce sont des vieux qui ont transmis toutes les valeurs sociétales. Les vieux sont l’œuf duquel a pu éclore la poule.

Car les vieux sont d’anciens jeunes et les jeunes deviendront vieux. C’est ensemble qu’on crée une société, une civilisation. Mais on peut être seul pour la détruire. Et inconscient, immature. Cet article prône la réforme, c.-à-d. la déconstruction des acquis sociaux, sociétaux, civilisationnels. Ça pourrait être amusant et dérisoire, mais c’est seulement iconoclaste et destructeur.

La solidarité, c’est ce qu’on leur a promis, aux vieux. Et au nom de cette solidarité, ils se retrouvent en accusation quand les responsables sont ceux qui ne cotisent pas, mais ont pu partir avec la caisse. Ce qui était promis aux vieux-vieux, c’était la solidarité pour tous que des gestionnaires voyous veulent mettre à mal en s’attaquant non pas aux seules retraites, mais à l’ensemble de la sécurité sociale. Sont également visés : les « parents isolés, ménages à faible intensité de travail, locataires, migrants hors UE, travailleurs peu qualifiés » et aussi les handicapés, au-delà, toute la biodiversité. Tout ça, c’est exploité, utilisé : les vieux, les invalides, les personnes handicapées, la faune et la flore, les ressources minières, les sols arables, le vivant, tout est dévoré par la cupidité.

Nous les vieux, nous nous souvenons qu’un moustique est un parasite qui propage des miasmes dont souffriront les plus faibles, les démunis.

Tous ensemble nous devons choisir si nous voulons d’une société où des fossoyeurs tentent de nous faire creuser notre propre tombe. Pour leur profit.

Louis H

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