Une lettre ouverte signée par pas moins de 321 associations, dont le Gang des Vieux en Colère, a été publiée dans le journal Le Soir à l’initiative de Lire et Ecrire. Cette lettre, lisible ici notre lettre ouverte adressée à la ministre Vanessa Matz, peut encore être signée par les associations via le formulaire en ligne avant le 8 février.
On peut y lire : « Notre demande est très simple mais essentielle. La loi doit garantir l’accès non numérique à chaque administration via des guichets physiques, un service téléphonique ET la voie postale. Ces trois canaux hors-ligne doivent être de qualité, disponibles en suffisance, et ne pas impliquer de surcoût pour les usagers. Cette triple garantie cumulative d’accessibilité non numérique est la seule manière de fournir un accès humain de qualité aux services publics fédéraux. »
Le gouvernement Arizona n’a rien appris de l’expérience ni de la contestation autour des Ordonnances bruxelloises et wallonnes pour élaborer sa politique antisociale, contraire aux droits humains. Il méprise de même l’Arrêt de la Cour Constitutionnelle du 25 septembre 2025.
Celui-ci fait l’objet d’un excellent commentaire d’un institut de recherche juridique de l’UCL dont la conclusion est sans appel : « L’on assiste, tant au niveau législatif que jurisprudentiel, à une généralisation de la reconnaissance d’un droit à un contact humain dans l’administration numérique. »

Mais visiblement le gouvernement ne veut pas l’entendre.
Et, c’est précisément pour cette raison que le Gang des Vieux en Colère demande avec d’autres que ce droit au non-numérique soit consacré dans la Constitution belge. Il deviendra ainsi une obligation qui s’imposera à tous les gouvernements actuel et à venir.

Ce droit n’est pas anodin. La numérisation sans filet a en effet des conséquences délétères pour tout le monde, pas seulement les Vieux et les Vieilles ou les personnes qui ne savent ni lire ni écrire. Par exemple, il n’est pas possible d’accéder à un service public hospitalier si un réel accès humain n’est pas garanti. Or il ne l’est pas quand le répondeur de l’hôpital vous explique que vous êtes la 51ème personne en attente de pouvoir parler à un humain pour prendre un rendez-vous. Que faites-vous alors sinon raccrocher et ne pas vous soigner. Même chose pour l’accès aux droits sociaux, à toutes les relations obligées avec les administrations et les institutions au service du public dans tous les domaines de la vie sociale.
Non au tout numérique !
Un accès humain garanti par des guichets, des téléphones et du courrier postal



