Importance de la sécurité sociale en Belgique en quelques chiffres
Actuellement 18% de la population est à risque de pauvreté (source : Statbel 1/10/25) soit 2,1 millions de personnes. Sans sécurité sociale ce pourcentage serait de 42% (source : www.lasecucestquoi.be mars 2025) ou 5 millions. La sécurité sociale est une nécessité pour toute personne qui est dans l’impossibilité de travailler et qui a besoin d’un revenu à la place de son salaire.
La sécurité sociale a été conquise par la lutte des travailleurs depuis le début du 19ème siècle (le début du capitalisme industriel, qui a engendré une nouvelle classe sociale : la classe ouvrière) pour aboutir, après la grève générale de 1936-37, au Pacte Social du 28 décembre 1944, 4 mois avant la libération du nazisme le 8 mai 1945.
Les acteurs principaux de la sécu : les travailleurs (avec leurs statuts différents : ouvriers, salariés-employés, fonctionnaires, travailleurs indépendants) et leurs organisations syndicales et mutuelles. Les travailleurs indépendants font partie de la sécurité sociale depuis 1971 (INASTI).
Les dépenses (prestations) sociales se sont élevées, en 2023, à environ 174,2 milliards d’euros, soit 28,9 % du PIB (produit intérieur brut, soit la richesse que les Belges créent en une année),
(Source SPF sécurité sociale dans Sudpresse 12 février 2026). Les recettes pour 2024 : 81 milliards des cotisations sociales (en fait du salaire) dont 2/3 cotisations patronales soit environ 50 milliards ou 8 à 9% du PIB.
Le narratif de l’Arizona contredit par la réalité.
1. Le gouvernement ARIZONA justifie les mesures d’exclusion des allocations de chômage (170.000 personnes) et des malades de longue durée (100.000) avec l’argument que ces personnes sont des « assistés »
Cette affirmation est contredite par La Banque Nationale de Belgique dans un communiqué du 27 oct 2025 :
Les subventions et les aides à l’investissement aux entreprises représentaient environ 25 milliards d’euros en 2024, soit plus de 4 % du PIB belge. La Belgique consacre 1,5 % de PIB de plus que ses voisins à ces subventions aux entreprises. Cette proportion peut sembler élevée, mais la différence consiste principalement en des dépenses (comptabilisées au titre de subventions dans les comptes nationaux) destinées à compenser la pression fiscale élevée pesant sur le travail. Les subsides consistent pour près de deux tiers en des subventions salariales, justifiées par les autorités pour renforcer la compétitivité, favoriser l’emploi des groupes vulnérables et stimuler l’innovation.
Lorsque ces subventions salariales sont prises en compte, la Belgique affiche une pression fiscale nette sur le travail inférieure à celle de la France et comparable à celle de l’Allemagne.
Commentaire :
25 milliards de subsides et aides aux entreprises, soit 1,5% du PIB de plus que nos pays voisins (produit intérieur brut, ou la richesse produite en Belgique sur 1 an). On peut constater que les entreprises sont bien « assistées », et même plus que dans nos pays voisins (Allemagne, France, Pays-Bas)
Deux tiers en subventions salariales (16 milliards), de quoi refinancer notre sécurité sociale et les pensions.
2. Le gouvernement ARIZONA prétend que les salaires sont trop élevés en Belgique et qu’il faut les bloquer
Cette affirmation est contredite par le rapport du Conseil Central de l’Economie du 18 fév 2026 :
Selon les dernières données et prévisions disponibles, ce handicap s’élèverait à -1,0 % ou -1,1 % à l’horizon 2026 (selon la présence ou non d’un handicap historique des coûts salariaux). Cela signifie que l’évolution du Coût Salarial Horaire en Belgique entre 1996 et 2026 serait au contraire inférieure à l’évolution du CSH dans les États membres de référence.
Commentaire :
Le coût salarial horaire entre 1996 et 2026 serait inférieure par rapport aux pays voisins : donc il y a de la marge pour augmenter les salaires (hors index) et revoir la loi de 1996 qui les bloque.
3. Le gouvernement ARIZONA prétend que nous sommes tous dans le même bateau
Ce qui est contredit par Mr. Étienne de Calatay ECONOMISTE dans Sudpresse du 20 fév 2026
« Ces dernières années, les gains de productivité ont été surtout accaparés par les détenteurs du capital ; les travailleurs n’ont pas eu leur juste part »
Commentaire :
La citation dit clairement que les détenteurs de capital (capitalistes) ont accaparé une grande partie des gains de productivité et que les travailleurs n’ont pas eu leur juste part (augmentation de salaire)
4. Le gouvernement ARIZONA prétend qu’il faut diminuer les dépenses de la sécurité sociale pour que la sécu reste viable
Cette thèse est contredite par la citation suivante de La libre Belgique du 3 f évrier 2026 :
Le tax shift de Charles Michel, dix ans après, continue de peser lourd sur les finances publiques ;La facture, selon l’ONSS, se monte pour 2025 à 8,8 milliards, comme il ressort d’une question parlementaire. La Libre a appris que la facture allait dépasser les dix milliards en 2030.
Commentaire :
Le gouvernement Michel (MR NVA) a diminué en 2015 la part patronale des cotisations sociales de 32,4% à 25% du salaire brut (« tax-shift »). Pour 2025 cela représentait 8,8 milliards de manque de rentrées pour la sécurité sociale. Ces 8,8 milliards se retrouvent dans la poche des actionnaires.
Dans les faits ce gouvernement MR NVA a creusé un trou de 8,8 milliards, un déficit que ce gouvernement veut rattraper par une diminution des pensions, nous faire travailler jusque 67 ans, et exclure presque 300 000 allocataires sociaux.
5. Le gouvernement ARIZONA dit que ses mesures sont nécessaires pour limiter le déficit budgétaire
Le gouvernement Arizona (MR-NVA) veut nous imposer des mesures d’austérité pour 32 milliards (23 plus 9) avec l’argument du déficit budgétaire. Mais en même temps l’Arizona a décidé de dépenser 34 milliards (ce qui creuse le déficit) pour la défense dont des avions de chasse F35.
Commentaire :
Apparemment les dépenses militaires ne creusent pas le déficit. Au lieu de refinancer la sécurité sociale et nos pensions, le gouvernement ARIZONA fait le choix d’investir massivement dans la militarisation au détriment du social.
Les menaces
1. Les entreprises assistées : le narratif de l’Arizona est contredit par la réalité
25 milliards de subsides et aides aux entreprises, soit 1,5% du PIB de plus que nos pays voisins (produit intérieur brut, ou la richesse produite en Belgique sur 1 an). On peut constater que les entreprises sont bien « assistées », et même plus que dans nos pays voisins (Allemagne, France, Pays-Bas)
Deux tiers de ces 25 milliards sont des subventions salariales (16 milliards), de quoi refinancer notre sécurité sociale et les pensions.
Le coût salarial horaire entre 1996 et 2026 est inférieure par rapport aux pays voisins : donc il y a de la marge pour augmenter les salaires (hors index) et revoir la loi de 1996 qui les bloque.
2. Le « Tax-shift » ou le définancement
Le gouvernement Michel (MR NVA) a diminué en 2015 la part patronale des cotisations sociales de 32,4% à 25% du salaire brut (« tax-shift »). Pour 2024 cela représentait au moins 8 milliards de manque de rentrées pour la sécurité sociale (selon le bureau du Plan). Ces 8 à 10 milliards se retrouvent dans la poche des actionnaires.
3. Militarisation : 34 milliards et austérité 32 milliards
Le gouvernement Arizona (MR-NVA) veut nous imposer des mesures d’austérité pour 32 milliards (23 plus 9) avec l’argument du déficit budgétaire. Mais en même temps l’Arizona a décidé de dépenser 34 milliards (ce qui creuse le déficit) pour la défense dont des avions de chasse F35.
4.Privatisation.
Les dépenses (prestations) sociales se sont élevées, en 2023, à environ 174,2 milliards d’euros, soit 28,9 % du PIB (produit intérieur brut, soit la richesse que les Belges créent en une année). La sécurité sociale représente une partie importante de la richesse produite. Pour les assurances privés (et leurs actionnaires) pouvoir privatiser une partie (comme aux Etats Unis) est un objectif important. Il faut comprendre les attaques contre les mutuelles de la part de la droite dans ce sens : préparer les esprits à remplacer les mutualités, acteurs historiques des soins de santé, par des assurances privées, qui travaillent pour le profit des actionnaires comme aux USA.
En diminuant le montant des pensions (premier pillier avec financement public) et en diminuant les remboursements pour les soins de santé, ce gouvernement élargit encore plus la voie des assurances privées. C’est une tactique éprouvée de la droite : diminuer le service public, susciter ainsi le mécontentement des usagers, et enfin pousser le privé comme alternative.
Quelles solutions ?
1.Refinancer la sécurité sociale en augmentant la cotisation patronale à 32,4 % du salaire brut comme avant le tax shift de 2015 donc revenir en arrière. Cela fera au moins 9 milliards de plus pour la sécu.
2.La semaine de 30-32h (comme en Islande ou certains secteurs en Suède) sans perte de salaire et embauches compensatoires. Cette vieille revendication mérite d’être reformulée:
- cela augmente le nombre de cotisants actifs à la sécu et est donc une source de financement
- une semaine plus courte est une des solutions contre le burn-out, une cause fréquente de maladie (de longue durée)
- c’est mieux pour concilier vie privée et vie professionnelle certainement pour les ménages avec enfants, ou les familles monoparentales
- ce serait une mesure logique et redistributive par rapport à la productivité qui augmente.
3.Augmenter le montant des pensions. Dans la plupart de nos pays voisins les pensions sont plus élevées que chez nous. Les pensions sont insuffisantes en Belgique : un pourcentage élevé des pensionné(e)s est à risque de pauvreté.
Dans le mémorandum du gang nous réclamons
1 900 euros nets par mois
Johan Vandepaer des Vi Tigneux de Liège



