Economies, économies, crie l’ARIZONA ! La santé est un DROIT, vieillir dignement est aussi un DROIT !

Les pistes d’économie envisagées dans les secteurs subventionnés de l’AVIQ : impacts sur les personnes âgées.

Mais… qu’est-ce que l’AVIQ ?

C’est l’Agence wallonne pour une VIe de Qualité (anciennement l’AWHIP)

Elle se compose de trois branches :

  • La branche santé :
  • La branche Handicap
  • La branche Familles

Quelles sont les pistes d’économie envisagées au sein de l’AVIQ ? Et surtout, quels sont leurs impacts sur les personnes âgées ?

Premier impact :

La diminution de la réduction offerte aux bénéficiaires de l’aide à la vie quotidienne.

Il s’agit des services SAFA (Services d’Aide aux Familles et aux Aînés) qui fournissent des aides familiales, des aides séniors et des gardes à domicile et apportent leur soutien aux personnes isolées, âgées, handicapées, malades… Avec, pour objectif, de maintenir leur autonomie et de leur permettre de continuer à vivre chez elles.

Cette diminution engendrera une augmentation de la part contributive des personnes âgées qui bénéficient d’une aide sanitaire ou d’une aide familiale. Aujourd’hui, cette intervention s’élève à 1,90€ par heure prestée. Demain, elle ne sera plus que de 1,41€.

A ce jour, l’économie à réaliser s’élève à 2.588.300 euros, sur le dos des personnes qui en ont besoin !

Deuxième impact :

Alors que les besoins augmentent en matière d’hébergement en Maison de Repos et Maison de Repos et de Soins (MR/MRS), les économies prévues dans ce secteur s’orientent vers une réduction du nombre d’unités à ouvrir : là où il en faudrait 1130, il est prévu de n’en ouvrir que 400 unités ! Soit une économie de 18 millions !

Faut-il également rappeler que les normes actuelles d’encadrement ne permettent déjà pas de garantir la qualité de l’accompagnement des seniors vivant en MR et MRS. Mais ce n’est pas suffisant et ce gouvernement souhaite encore revoir ces normes ! Pourquoi ? Parce que le secteur privé (par la marchandisation croissante de ce secteur ainsi que le développement d’une activité commerciale qui devrait engendrer plus de bénéfices pour ses actionnaires) vise l’engagement de personnel sous qualifié, voir non qualifié, afin de réduire le coût lié aux charges salariales !

Toutes ces économies augmentent évidemment de facto les risques de maltraitance sur les personnes âgées au sein des MR et MRS !

Ce personnel, déjà surchargé aujourd’hui (une infirmière de nuit pour 40 lits !), ne peut plus accorder l’aide nécessaire pour une vie digne. Les exemples sont déjà nombreux : transport en chaise roulante des personnes ayant des difficultés à marcher jusqu’au restaurant pour aller plus vite (donc manque d’exercice et perte plus rapide de l’autonomie dans les déplacements). Placement de langes à toutes les personnes qui éprouvent des difficultés à se rendre aux toilettes seules, même si elles ne sont pas incontinentes ! Toutes ces pratiques constituent déjà des formes insidieuses de maltraitance.

Troisième impact :

A toutes ces économies, le gouvernement tend également à ajouter la suppression de certains subsides en matière d’aides au maintien à domicile, à ne pas indexer la dotation attribuée aux services de l’AVIQ, à fixer un moratoire sur les demandes d’agréments, etc.

N’oublions que le Ministre Jeholet veut aussi supprimer les emplois APE (Aide à la Promotion de l’Emploi), très nombreux pourtant au sein de la plupart des services d’aide aux personnes âgées et handicapées.

Rappels :

Les Engagés ont proposé, depuis octobre 2025, la mise en place d’un groupe d’experts chargé de concevoir le modèle et le cadre juridique d’un dispositif, la « Garantie autonomie » qui doit permettre à chaque Wallon et Wallonne en situation de dépendance de rester à domicile dans des conditions dignes, sécurisées et soutenues.

Selon eux, inspirée de modèles existants tout en restant spécifiquement wallonne, la Garantie Autonomie serait un mécanisme d’assurance sociale universel. Elle s’adresserait à toute personne domiciliée en Wallonie, âgée de 18 ans ou plus, et garantirait un droit à une aide personnalisée dès qu’une perte d’autonomie est constatée, sur la base d’une évaluation objective. Les aides seraient modulées en fonction du degré de dépendance, via un compteur d’heures flexible, et s’appuieraient sur les dispositifs déjà existants, tels que l’APA et les SAFA, intégrés progressivement dans un cadre unique et simplifié.

Oui mais… en Flandre, le système du «zorgbudget» (budget soins) existe déjà depuis 2001 !

Destiné aux plus de 65 ans, ce budget peut aller jusqu’à 710 euros par mois en fonction du niveau de dépendance de la personne et de ses revenus ou de ceux de sa partenaire. Il permet de couvrir les frais de soins liés à la vieillesse et constitue un filet de sécurité pour les familles confrontées à des dépenses de santé élevées.

La protection sociale flamande repose en partie sur une cotisation annuelle appelée «zorgpremie» (prime de soin). Si vous avez plus de 25 ans et vivez en Flandre, vous devez payer cette contribution fixée à 62 euros ou à 31 euros si vos revenus sont modestes. Ce sont souvent les mutuelles qui gèrent les dossiers via des «zorgkassen» (caisses de soin).

La Région wallonne, quant à elle, réfléchit encore et, en attendant, elle réalise des économies sur les secteurs d’aide aux personnes âgées.

En réalité, entre les belles paroles et les actes, nous ne pouvons que constater l’immensité de la faille !

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