QUI A FERMÉ L’ENVELOPPE DE L’INTÉRIEUR ? (suite 17)

Rediffusions du feuilleton de l’été à raison de un par jour. 
Afin d’en faciliter la lecture, nous ne diffusons plus que notre réponse au Premier ministre. 

Dix-septième épisode

« Entrée interdite aux non-membres du Club Pension »

Cher Charles,
Malgré tous nos efforts pour être brefs, cette fois, vous nous obligez à être un peu longs dans notre réponse.
Sans rire donc, votre ami Bacquelaine exigerait une concertation rapide sur base de sa propre note. Une note orientée dans son propre sens. Et vous ajoutez, toujours sans rire : 
– « il se base aussi sur une note rédigée par le SFP et l’INASTI ». 
Le SFP et l’INASTI ? 
Le premier est un service qu’il cornaque lui-même et l’INASTI est né avec l’assurance par capitalisation dans ses gènes. 
Le second, le Service fédéral de pensions, le SFP ? 
Dans deux épisodes précédents, nous avons longuement démontré la dépendance de cet organisme au ministère des pensions. 
Quant à l’INASTI, cet organisme est né des premières pressions fiscales exercées contre les professions libérales. Il s’en fiche de l’esprit de solidarité au point d’avoir, dès la fin des trente glorieuses, en 1981, instauré un système de pension par capitalisation pour les indépendants. 
Ce système s’est avéré tellement injuste et tellement absurde que aujourd’hui, même l’INASTI fait volte-face. Pour les indépendants aussi, on en revient, et c’est bien. On tenter de « rattraper » le retard et l’injustice de la capitalisation par un dopage du système de pension par répartition…
Et ce n’est pas tout. 
D’une main vous écrivez : 
« La concertation est à présent terminée » 
et de l’autre, vous profitez de ce beau mois de juillet pour glisser dans l’ordre du jour du nouvel accord budgétaire un point « retraite » qui revient sur ce qui avait sois disant été coulé dans le béton !

Eh oui ! Voilà que votre ami Daniel revient sur ses promesses et s’attaque aux travailleurs de longue date qui vont arriver en fin de carrière. Et Bacquelaine d’encore annoncer : « Le crédit temps fin de carrière ne sera plus possible avant 60 ans à partir de 2019. »
C’est quoi l’idée ?
Contrairement à ce que vous écrivez, la concertation n’a jamais été « terminée ». Au contraire on recommence… mais, sans concertation ! On change les règles. Pourtant, et vous le savez pertinemment, pour beaucoup de ceux qui ont une carrière très longue, ce petit « crédit temps fin de carrière » leur permettait de tenir le coup jusqu’à l’âge de la retraite.

Voyez-vous, Cher Charles, il ne faudra donc pas que votre copine Maggie De Block, qui elle aussi s’attaque aux Vieux, en leur supprimant, et des remboursements de soins de santé, et de médicaments indispensables, s’étonne de constater une augmentation significative de « burn-out » ! 
Mais n’oublions pas, le pouvoir de l’argent. Maggie, Daniel, Kris, Johan et Zuhal, les Vieux, ils s’en fichent pourvu que les offrandes soient faites au veau d’or. 
On ne prête qu’aux riches ? L’argent va à l’argent ? Décidément, l’attitude de vos amis du gouvernement… Quelle honte !

« Au cœur de la résistance à l’occupant nazi, des femmes et des hommes de toutes tendances, des libéraux, des catholiques, des socialistes, des communistes ont voulu changer le monde, changer la vie…peut-être pas faire chanter tous les lendemains mais au moins rendre ceux-ci moins difficiles. Ainsi fut mis sur pied notre système de sécurité sociale. L’un de ses piliers essentiels est la pension. Ces pères fondateurs ont voulu, sortant de l’épreuve où le monde a failli basculer dans l’horreur nazie, installer une solidarité entre les actifs et les retraités, c’est le système par répartition, celui que l’actuel gouvernement essaye, à grands renforts de coups de haches, de démanteler. 
Oh ! bien sûr, ils ne l’avouent pas comme cela, leurs vérités sont construites d’immenses mensonges. Ils essayent de nous faire croire que l’eau ne mouille pas et que les amputations successives du système, construit patiemment au fil des ans, ne détruiront pas la solidarité inhérente au système actuel. » – M. Hermanus

Non ! Ce n’est pas la Belgique qui garantit quoi que ce soit… C’est uniquement votre gouvernement qui garantit. Et la promesse de vos politiques nous fait rire autant qu’un serment d’ivrogne. Lors des prochaines législatures, que serez-vous devenu, vous, et les ministres intègres qui vous entourent ?
Bacquelaine n’a-t-il pas déclaré en juin 2017 ? « On pourrait également prévoir un mécanisme par lequel la valeur du point ne peut jamais baisser, mais il faut qu’il puisse être gelé pendant un certain nombre d’années, jusqu’à ce que soit atteint un rapport souhaitable avec la rémunération moyenne. »
Nous, Vieilles et Vieux Gangsters, nous savons bien Charles que vous et vos sicaires aurez bien mérité notre Colère. Au final, si nous vous laissons faire, ce seront bien les gouvernements successifs qui choisiront la valeur de chaque point. 
En d’autres mots, ces élus qui touchent une pension de 6 500 euros brut par mois détermineront combien tous les autres pourront recevoir. 
Et la valeur d’un point et l’âge auquel nos enfants seront autorisés à partir en retraite dépendront de facteurs sur lesquels ils n’auront plus aucun contrôle. 
Cela dépendra de trois facteurs qui n’ont rien à voir avec chacun d’entre vous :
1) Primo, la situation des finances publiques et le budget de l’État. 
Il sera lié à la dette et au déficit budgétaire. Concrètement, plus la dette publique et le déficit budgétaire seront élevés, plus la valeur du point sera basse et donc plus le montant de votre retraite sera basse.
2) Deuxièmement, L’augmentation de l’espérance de vie. Plus nous vivrons longtemps, plus la valeur du point sera basse et donc plus le montant de votre retraite sera basse.
3) Troisièmement, le nombre de jours travaillés. 
Plus les salaires continueront à diminuer, plus la valeur du point sera basse, donc plus le montant de votre retraite sera basse.
Pourquoi votre gouvernement cherche-t-il des moyens comme la retraite à points pour encore baisser les retraites alors qu’elles sont déjà parmi les plus basses ? 
Plus basses qu’en Autriche, aux Pays-Bas, en France, au Luxembourg et même en Allemagne (malgré une forte diminution depuis l’instauration du « point ») ?
Mais, comme en fait, vous êtes si peu sûr du succès de cette « retraite à point » qu’il vous faut brandir deux pauvres modèles. Il vous faut la caution d’une Suède qui se cherche et d’un Jupiter qui a déjà porté un premier coup contre les Vieilles et les Vieux avec la CSG ! 
Vous pensez quoi ?
–  » Moi la décence des Vieilles, rien à cirer ! 
Qu’elles se fassent épiler et s’offrent un soin du visage. 
– Et les Vieux, la dignité, si je veux. 
Qu’ils s’abonnent à une revue porno et s’achètent des Pampers. 
– Font chier, les Vieux. Moins longtemps on les verra, mieux ira le budget de l’État. »

En France, cher Charles, comme en Suède, comme en Allemagne, comme bientôt en Belgique, la chanson est la même … pas question de révéler la valeur de votre damné « point » ! 
Ça, c’est le piège. 
Ce n’est qu’à l’instant où les Vieux prendront leur retraite que, au dernier moment, leurs points seront enfin convertis en euros. Comme l’espérance de vie augmente, ils devront automatiquement travailler plus longtemps ou bien ils recevront un montant de retraite inférieur, très inférieur, le plus bas possible.

Chez votre référence, votre grand ami le Président Macron, Les choses sont tout aussi désastreuses : 
Alors que le gouvernement français prépare une nouvelle réforme des retraites en 2019, on commence à peine à mesurer les conséquences de la dernière en 2010. Selon l’Assurance maladie, le coût des arrêts maladie explosent en France avec la retraite quatre ans plus tard.
Les arrêts maladie coûtent de plus en plus cher. Selon les chiffres de l’Assurance maladie rapportés dans le journal « Les Echos » ce 17 Août, leur coût a augmenté sur les quatre dernières années, de plus de 13% ce qui représente 10,4 milliards d’euros de dépenses ces 12 derniers mois. Une envolée qui s’explique en partie par la retraite à 62 ans. 
Quand viendra une nouvelle crise économique, idem, les Français devront automatiquement travailler plus longtemps ou bien… Ils recevront un montant de retraite inférieur. S’il y a beaucoup d’emplois flexibles avec de bas salaires, alors le montant de leur retraite diminuera et ils recevront un montant de retraite inférieur. 
L’âge de la retraite deviendra également variable : Les Français ne seront fixés que trois ans à l’avance sur le moment où ils pourront prendre leur retraite complète. Votre ami Jupiter, n’a-t-il pas claironné : « “La retraite n’est plus un droit pour lequel on a cotisé toute sa vie (mais) sera uniquement ce que les actifs pourront payer pour les Vieux. »

Mais bon, Charles, heureusement, vous avez d’autres exemples. Vous vous référez aussi à la Suède et à l’Allemagne pour promouvoir la « pension à points ». 
Il est vrai qu’en Suède, elle a déjà été introduite en 2001 et en Allemagne dès 2002. Depuis, Ô merveille, on leur a promis ; les Suédois et les Allemands peuvent prendre leur retraite à 61 ans, s’ils ont cotisé au moins pendant 40 ans. C’est-à-dire, s’ils ont travaillé sans aucune interruption, depuis l’âge de vingt ans…
Mais déjà, pour la plus grande partie de ceux qui s’arrêtent à 61 ans, pas de chance, ils ne recevront que 3/4 à 2/3 du montant d’une retraite complète. Etrange ?
Pas vraiment. Pourquoi ? Parce que avec le système de « pension à point », l’âge des artères de nos enfants ne correspondra plus ni à leur âge ni au nombre de secondes de vie passées en Suède, en Allemagne, en France ou… en Belgique. 
Nouvelle découverte sur le corps humain ? 
Fruit de chercheurs en anatomie ? 
Non, ce n’est qu’une idée de financiers suédois et de politiques allemands.
Demain, l’âge des artères correspondra uniquement au nombre d’heures prestées dans le travail. Chaque point sera gagné aussi en fonction des années de travail réellement effectuées. Les autres années de votre vie compteront « pour du beurre ». Ce n’est plus l’âge qui importera, c’est aussi la durée de carrière. On passera d’un système où c’était l’âge qui déterminait le départ à la retraite à un système où ce sera la durée de travail qui le déterminera. 
Les points auront donc tous une valeur différente au moment de prendre sa retraite. Et encore plus fou… 
Plus le salaire sera élevé, plus le point vaudra beaucoup d’argent, et inversement. 
Pour compenser les bas salaires, une solution sympathique : 
– travailler plus, longtemps. Mais, pas d’angoisse, le service des retraite pourra calculer combien de temps en plus nos enfants devront travailler.

Dans ce royaume de Suède où il y a déjà quelque chose de pourri. Pour ceux nés en 1973, le résultat est déjà de travailler jusqu’à 68 ans et 6 mois. 
To be or not to be fuck ?
Les Suédois doivent maintenant travailler trois ans et demi de plus pour conserver le montant de leur retraite légale à un niveau identique à celui d’avant 2001.
Et comme l’économie fut mauvaise, en Suède, en 2010, 2011 et 2014 le paramètre budgétaire a fonctionné… le montant de la retraite de chaque Suédois a diminué automatiquement.

En Allemagne, suivant des critères identiques, depuis l’introduction du système à points, les retraites ont déjà diminué de 10%.
Holger Balodis, spécialiste des retraites de Der Spiegel, décrivait la réalité allemande en 2017 : « Alors que la politique des retraites pousse toute une nouvelle génération de retraités à la pauvreté, elle oblige les plus jeunes à prendre des mesures de précaution par capitalisation folles qui finissent par coûter plus cher qu’une pension légale décente. La politique des retraites fait principalement saigner les jeunes générations. Et à un âge avancé, ils auront, malgré leurs efforts, eux aussi une pension de misère. »

Et vous croyez vraiment que nous allons accepter ce système à points ?
D’accords avec Paul Newman, nous vous répétons encore : « Never give a inch ! » 
Ce sera autant à cause de vos amis qu’à cause de vous personnellement, Charles, que, si vous ne gommez pas le mépris que vous affichez contre les Vieilles et les Vieux, nous devrons brandir très haut les mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand : « En ce temps-là, la vieillesse était une dignité ; aujourd’hui, elle est devenue une charge ». Cette « charge », cher Charles, c’est vous qui l’avez créée !

Dans l’attente que décence et dignité soient rendues aux derniers jours que tous nos enfants passeront sur terre, veuillez accepter, Monsieur le Premier ministre, Cher Charles, l’assurance de notre plus exigeant respect.

Recevez la compilation électronique des 20 épisodes contre simple demande à l’adresse mail gangdesvieuxencolere@gmail.com

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