En France, pour se mettre à l’abri des critiques, le gouvernement a choisi de donner le nom d’Astrée, divinité de la justice, à son programme d’utilisation de l’IA pour gérer l’immigration.
Pendant plus de deux ans, la Plateforme d’associations n’a cessé de réclamer de l’Ordonnance Bruxelles numérique qu’elle ne soit pas une marche forcée vers la numérisation des services publics. Cette marche forcée risquait de plonger une part importante de la population bruxelloise dans l’incapacité de communiquer avec les administrations et par conséquent, dans l’impossibilité de faire valoir ses droits.
Le mot d’ordre « L’humain d’abord ! » contenait l’exigence des alternatives au numérique que sont les guichets, le téléphone et le courrier postal.
Un questionnement traversait et traverse encore les militants qui ont obtenu la reconnaissance de ces alternatives.
Pourquoi le cabinet du ministre de la Transition numérique pousse-t-il avec une conviction aveugle aux réalités sociales de Bruxelles, le recours à l’informatique pour traiter des rapports entre les citoyens et les administrations ?
Une partie de la réponse est à chercher du côté de la Commission européenne dans sa directive « Décennie numérique – Programme d’action ».
Celle-ci proclame fièrement à l’horizon 2030 « Une population numériquement qualifiée et des professionnels numériques hautement qualifiés, des infrastructures numériques sûres et durables, la transformation numérique des entreprises et la numérisation des services publics »
Mais où sont passés mon guichet, mon téléfon et mes timbres postaux ?
Les technocrates européens ne s’encombrent pas de ces vieilleries ! La piétaille suivra ! Ou périra.
La revendication « L’humain d’abord » n’est pas parvenue à leurs oreilles.
La Commission européenne préfère vanter les « innombrables possibilités » offertes par le numérique : « pensez à la possibilité de travailler à domicile, de payer les factures à distance ou de voter en ligne ».
Il est vrai que le souvenir de la fermeture de nombreux guichets, bureaux et établissements d’enseignement remplacés par la voie numérique pendant le confinement Covid, résonne encore dans nos mémoires. Mais il résonne de façon lugubre !
Alors, la Commission a bien raison d’insister pour nous faire comprendre qu’on n’y coupera pas.
Car leur fameuse « Décennie numérique » a bien pris son envol pendant le confinement de 2020 ! Même si la poussée vers l’informatisation est bien antérieure. L’impulsion de la CEE (ancienne Union européenne) pour soutenir les technologies de l’information date des années 1980 forçant les entreprises, les universités et les États à collaborer pour aboutir à ce qui est maintenant sur le « marché » avec l’IA générative.
Le Programme d’action pour la décennie numérique signale quand même quelques « défis »: « la fracture numérique, les menaces en matière de cybersécurité et la désinformation, pour n’en nommer que quelques-uns ». Mais à l’horizon 2030 ces écueils seront largement écartés !
« Citoyens, la Commission veille,
Dormez bien sur vos deux oreilles »
Les citoyens européens ne mesurent pas leur chance !
L’I A aussi veille… et surveille même !
Depuis quelque temps, le déploiement de l’IA, de l’IA générative en particulier, soulève beaucoup de questions et de réticences dans l’espace public.
L’IA générative ou non est conçue pour interpréter des données existantes et proposer des solutions ou créer de nouveaux contenus à partir de cette analyse.
L’IA générative est l’outil utilisé pour créer des fake news (fausses informations basées sur des faits réels) et des deepfakes (l’implication de personnes à leur insu, dans des images où des clones numériques les montrent accomplissant des actions qu’ils n’ont pas ou n’auraient jamais accomplies).
Mais l’IA ne sert pas qu’à cette utilisation illégale :
« L’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine de l’immigration en Belgique et en Europe est en pleine évolution, se concentrant principalement sur la gestion des frontières, l’automatisation des procédures et, de manière plus controversée, l’évaluation des risques. Elle s’inscrit dans un cadre légal de plus en plus réglementé, notamment par l’IA Act européen ».
En Belgique, « des systèmes d’IA sont utilisés pour évaluer si des migrants représentent un « risque » d’activité illégale ou une menace pour la sécurité. »
La plus grave atteinte à la dignité humaine c’est que l’IA va apporter des réponses aux requêtes de régularisation introduites par les personnes immigrées.
Néanmoins, notre petit pays fait l’objet de remarques de la Commission européenne.
Sur le plan des compétences numériques de la population, « la Belgique se classe 19e sur les 27 états européens, ce qui signifie que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour atteindre l’objectif de 80 %. »
Ils peuvent, bien entendu, compter sur le Gang des vieux en colère !
On limite la vitesse de nos véhicules sur les routes mais on accélère la numérisation de nos sociétés sans aucune prudence !
Avec Lire et Écrire et toutes les associations participant à la lutte contre le tout numérique, le Gang réclame l’inscription dans la Constitution belge du droit inaliénable de ne pas utiliser le numérique pour accomplir les démarches nécessaires à notre vie.
En recourant entre autres aux 3 alternatives : guichets, téléphone et courrier postal.
Nos prochains rendez-vous pour réclamer
“Un accès humain aux droits”
jeudi 4 juin.
De 10h à midi se dérouleront deux rassemblements simultanés :
Sur la Place du Conseil, en face de la Maison communale d’Anderlecht.
et Place de la Station 1, en face de la gare SNCB à Namur.
Venez nous rejoindre nombreux à ces manifestations !
Pour visiter le cœur du cyclone :
https://digital-strategy.ec.europa.eu/fr/policies/digital-decade-policy-programme
https://digital-strategy.ec.europa.eu/fr/policies/regulatory-framework-ai
Manu Dias

Ceci n’est pas un goéland mais ce n’est pas non plus une image de goéland générée par l’I A
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