Déni de Pensions

Avez-vous essayé ces jours-ci de contacter le service public fédéral des pensions ?

Vous avez eu du mal à avoir quelqu’un en ligne ? L’attente a été longue ?

Découragé, vous avez renoncé ?

Ou, enragé, vous vous avez pris le bus ou le tram pour vous rendre au point Pensions le plus proche et on vous a remballé parce que vous n’aviez pas pris rendez-vous au préalable ?

Et cela vous embarrasse beaucoup parce que vous ne savez ni à quel moment précis vous pourrez prendre votre pension ni à quel montant vous aurez droit ?

Si vous échappez au malus ou si vous bénéficiez du bonus ?

Dommage pour vous. Vous êtes sans doute une des 19 000 personnes confrontées à l’une ou plusieurs « situations s bloquantes » engendrées par la réforme des pensions du ministre N-VA Jambon, auxquelles le SPF Pensions ne peut donner les informations auxquelles elles peuvent légalement prétendre.

Et ce n’est pas un hasard.

Voyons les raisons invoquées par l’administration des pensions, sous la tutelle du ministre Jan Jambon, N-VA et ce qu’il en est vraiment.

Le 1765 gratuit, c’est fini

Depuis le 1er septembre 2026, le numéro d’appel spécial Pension (le 1765) a changé. C’est désormais un numéro « standard » (+32 2225 1765)_

C’est-à-dire qu’il est devenu payant. Nous avions ici même tiré la sonnette d’alarme.

Certes, si l’attente devient trop longue, le SPF Pensions a prévu de vous laisser la possibilité de laisser un message pour être rappelé plus tard.

Vous en avez assez d’attendre ? Remplissez le formulaire de contact via son site web.

Bon prince, le SPF Pensions se targue d’avoir amélioré les qualités de son site web.

Les points Pensions, uniquement sur rendez-vous

À l’issue de l’appel, vous avez encore besoin d’éclaircissements ? Prenez rendez-vous, toujours via le web ou par téléphone, auprès d’un expert dans le point Pensions le plus proche de chez vous. Et la boucle est bouclée. Autrement dit, l’accès physique aux guichets est également restreint.

Pour toutes les personnes non familiarisées avec les outils numériques, c’est porte close.

Vous n’avez pas accès à un ordinateur, à une adresse mail ni à un abonnement de téléphone au nombre de communications illimitées, à un lecteur de carte d’identité électronique ? Laissez tomber et attendez que l’administration daigne se souvenir de vous.

Résultat immédiat, selon les estimations du SPF Pensions lui-même : un million d’euros épargné annuellement ! Et un million d’euros en moins pour le service aux citoyens.

Nous attendons les estimations du ministre sur les économies que son administration va réaliser sur le dos des futurs pensionnés : les personnes qui n’ont pas pu être informées correctement ne pourront pas accéder à leurs droits et perdront donc de l’argent.

C’est illégal

En outre, ces limitations de l’accès à l’information et au suivi des dossiers pensions sont contraires à l’arrêt de la Cour constitutionnelle du 25 septembre 2025, qui rend les alternatives au numérique cumulatives. Autrement dit, les autorités publiques doivent prévoir l’accessibilité tant via un guichet, qu’une permanence téléphonique, des échanges postaux, tout autant que par la voie numérique.

« L’humain d’abord ! »

Le Gang des Vieux en colère revendique des guichets accessibles, avec des humains derrière, pas des machines. Pour rappel, le Gang a participé activement, aux côtés d’associations comme Lire et Écrire, au combat pour l’inclusion et contre la fracture numérique, que ce soit au niveau régional (tant en Région bruxelloise, qu’en Wallonie ou en Flandre) que fédéral.

Et, pour les services fédéraux de Belgique, la loi votée le 16 juillet 2026 à la Chambre, à l’initiative de la ministre Vanessa Matz (les Engagés) garantit le maintien d’alternatives au numérique (téléphone, guichet et voie postale).

NON à la réforme des pensions

Le Gang revendique pour tous, sans malus ni pénalisation, sans limitation de l’indexation à 2000 €, une pension qui permette de vivre dignement. Pour les pensionnés et les futurs pensionnés, le Gang réclame un accès à l’information, complet et transparent Surtout que la réforme des pensions du sieur Jambon organise, entre autres, l’appauvrissement des femmes futures pensionnées et des fonctionnaires.

En effet, cette réforme vise, in fine, à favoriser le glissement d’une pension légale (premier pilier), alimentée par les cotisations sociales et contrôlée par les pouvoirs publics vers une pension extra-légale, (deuxième et troisième piliers) gérée par des opérateurs privés, à laquelle seuls les revenus élevés pourront accéder.

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