Karine Lalieux répond au Gang des Vieilles et des Vieux en Colère

Lalieux Karine
20:42 – 07/04/2021

Cher Monsieur Huisman,


J’accuse bonne réception de votre courriel que j’ai lu avec grande attention.


N’ayant à ce stade ni discuté, ni proposé un menu au Gouvernement, je suis très étonnée des propos ou déclarations que vous me prêtez.


Comme j’ai pu vous le rappeler lors de notre rencontre, l’ambition est de présenter dans les semaines qui viennent une réforme des pensions qui soit juste, solidaire et qui s’inscrit dans un contexte d’égalité entre les hommes et les femmes.


Je n’ai pas pour habitude de revenir sur mes propos et engagements


En vous remerciant de votre confiance, veuillez agréer, Monsieur Huisman, l’expression de nos sentiments les meilleurs.
Lalieux Karine

CI-APRÈS, POUR CEUX QUI NE L’AURAIENT PAS LUE, LA LETTRE ADRESSÉE, 10 JOURS PLUS TÔT, À LA MINISTRE BELGE DES PENSIONS DE RETRAITE, KARINE LALIEUX.

LETTRE OUVERTE À MADAME LA MINISTRE DES VIEILLES ET DES VIEUX

Partagez ce triste constat avec tous vos amis.
Ils doivent savoir ce qui les attend si nous ne bougeons pas !
Bruxelles, le 30/03/2021

Madame la Ministre des Vieilles et des Vieux,
Chère Karine Lalieux,

Nous souhaitons, par la présente, vous rencontrer au plus vite, soit en présentielle, soit par visioconférence.
En effet, si vous nous aviez rassurés lors de notre précédent rendez-vous, il en va tout autrement après lecture de vos dernières déclarations officielles.
Nous vous rappelons, Madame la Ministre des droits des Vieilles et des Vieux, que le GANG se bat pour que les générations futures puissent vieillir dans la dignité en ayant un montant de pension de retraite minimum digne, garanti égal pour toutes et tous, et un accès décent aux soins de santé égal pour toutes les femmes comme pour tous les hommes.
 
Vos projets pour faire mijoter les Vieux à l’étouffée nous ont fait penser à la mise en chapelets d’une petite saucisse dont on aurait découvert qu’elle est loin d’être fabriquée selon le code des usages de la bonne charcuterie et la moutarde nous a monté au nez.
Ça, de la saucisse ? Cet amalgame de saindoux et de mauvaise tripaille ? Sûrement pas.
 
Il y a quelques jours, notre mouvement citoyen a découvert par voie de presse à quelles sauces vous souhaitiez accompagner les Vieilles et les Vieux pendant les quatre années à venir. Cela nous a laissé un goût amer.
Vous n’y êtes pas allée avec le dos de la cuillère, au contraire, Madame la Ministre, il nous semble que vous n’avez fait que jeter de l’huile sur un feu allumé par Daniel Bacquelaine !
Sachez que ce menu 2021 que vous venez de présenter aux médias est immangeable et parfaitement indigeste.
Il nous vient à penser à la pièce « Mesure pour mesure » de Shakespeare qui se termine par :
«  C’était pas la peine, c’était pas la peine, c’était pas la peine assurément, de changer de gouvernement ! »
 
Suite aux déclarations que vous, l’ensemble des partis du centre, de la gauche et en particulier du PS, nous aviez martelées durant la campagne électorale, nous avions osé espérer que, avec vous au fourneau, les Vieilles et les Vieux connaîtraient un sort plus exquis, crémeux, onctueux, goûteux, moelleux et croustillant à la fois. Bref, que le sort des Vieilles et des Vieux devienne enfin savoureux, délicieux, voir succulent. Mais c’était du flan !
Serions-nous revenus au temps où les promesses n’engagent que ceux qui y croient ?
 
Votre nouvelle carte, mise à part la « mise en bouche », semble bien plus écrite pour nous rouler dans la farine que celle d’une nouvelle cuisine chaleureuse et longue en bouche ! Veuillez donc nous excuser d’être un peu long. Un vrai bon, vieux critique gastronomique se doit de goûter chaque ingrédient caché dans vos préparations, dressées pour nous séduire.
 
BANQUET OU BUFFET FROID ?

 1 – En guise de mise en bouche :
Sans même nous avoir proposé d’y mettre le moindre grain de sel, vous auriez décidé de soumettre au Conseil des ministres de septembre, une recette qui permettrait d’aligner le calcul des pensions des fonctionnaires, des salariés et des indépendants, sans affecter les droits acquis.

Là, nous en avons l’eau à la bouche !
Mais, nous espérons qu’il ne vous a pas échappé que sur les quatre anciens Ministres des pensions, mousquetaires du « fast food insipide pour vieillards », un seul est hors-jeu : Daniel Bacquelaine (MR).
Les trois autres anciens « ministres des Vieux » sont bien décidés à mettre votre politique au régime :
– Le fils du Chef, Alexander De Croo (Open Vld) et ses vice-premiers ministres, le vieux socialiste d’anciennes tambouilles, Frank Vandenbroucke (sp.a) et le premier couteau Vincent Van Quickenborne (Open Vld) n’iront pas avec le dos de la cuillère pour vous faire boire le bouillon de onze heures.  
Méfiez-vous, plus il y a de cuisinières dans une cuisine,

plus mauvaise est la soupe. 
 
2 – En entrée :
Ici, c’est du réchauffé…
On nous prétend que vous seriez prête à adopter une recette inventée unilatéralement par ce vieux gâte-sauce de « Bas-de-laine » (dont vous avez pris le tablier) et que vous seriez prête à nous servir une retraite  qui passerait à 66 ans d’âge légal en 2025 et à 67 ans d’âge en 2030. Or, la pension de retraite, chère Karine Lalieux, ce n’est pas comme le bon vin, ça ne gagne pas à être dégustée trop vieille !
Sachez que le Gang des Vieux en Colère est bien décidé à ne pas être le dindon de la farce, que du contraire :
– Nous revendiquons, depuis janvier 2018,  la pension à 65 ans avec la possibilité, uniquement pour ceux qui le souhaitent, de travailler au-delà de 65 ans et bien sûr, une pension anticipée pour ceux dont la pénibilité professionnelle est reconnue dans un accord avec les Syndicats. De plus, le « GANG » refuse, depuis janvier 2018, toute velléité de retarder l’âge de l’accès à la pension complète de retraite, après 65 ans.
Sérieusement, pourquoi faire travailler plus longtemps, jusqu’à 67 ans, les Vieilles et les Vieux qui sont fatigués alors qu’autant de jeunes vont être au chômage à cause de la crise ?
 
3
Et pour continuer, un petit potage « Périodes d’emploi effectif » :
En regardant plus attentivement votre menu du jour, il nous apparait que les conditions d’accès à une pension minimale seraient en passe d’encore se durcir ?
Dans la recette pour une durée de carrière minimale, vous auriez introduit une « condition d’emploi effectif » dans le livre de cuisine du gouvernement. Pourtant, jusqu’à aujourd’hui,  les ingrédients assimilés, comme le chômage, la maladie et les études comptaient de manière équivalente pour que la mayonnaise « éligibilité à la pension minimale » prenne convenablement. Votre projet d’ « emploi effectif » nous fait plus penser à une soupe à la grimace rance qu’à un velouté crème.
Pour rappel, et nous n’allons pas en faire tout un fromage, trois lignes suffiront :
Le « GANG » refuse, depuis janvier 2018, toute suppression de la prise en compte (dans le calcul du montant des pensions) des années d’études tout comme celle de la prise en compte des jours chômés, jours de maladie, jours d’hospitalisation ou tout autre accident de la vie.
 
4 – Venons-en à la queue de poisson carriériste :

Ceci dit, malgré le calendrier, ce plat ne ressemble en rien à un poisson d’avril.

Sans jamais avoir pris la peine de répondre à la lettre du 08 mars, signée par la Vieille Gangstère en Colère, Danny Degrave qui s’exprimait au nom des femmes, vous insistez avec cette « pension de retraite minimale de 1500 €, carrière complète à l’horizon 2024 » qui tient tout d’un poisson pourri dont le fumet est encore alourdi par des condiments venus d’on ne sait où…


D’abord, ces vieux condiments, si l’on ne compte pas avec les « Périodes d’emploi effectif » :

Il faut une carrière d’au moins 30 ans en tant que salarié ou indépendant et de 20 ans en tant que fonctionnaire statutaire.
Le GANG se demande pourquoi, un salarié licencié après 10 ans et qui serait au chômage depuis 21 ans aurait droit à la pension minimale, alors qu’un salarié ou un travailleur indépendant qui a effectivement travaillé pendant 29 ans n’y aurait pas droit ? 

Pourquoi ne pas tout aligner sur les fonctionnaires statutaires et qu’on n’en parle plus ?

Et cet ingrédient « carrière-complète » qui fait des hommes, la crème de la société :

Comment, Madame Lalieux, pourriez-vous mitonner, pour la moitié de nos membres, un plat qui laisse les femmes en carafe ?
Comment nous présenter une recette où les femmes n’auraient pas accès à la même pension de retraite que les hommes ?
Comment, sans mâcher nos mots, pourriez-vous encore tolérer cette terrible injustice sociale ?
À trop souffler sur les braises, le vase déborde !
Le « GANG» ne restera pas muet comme une carpe !

Depuis janvier 18, le GANG se bat pour que les générations futures puissent vieillir dans la dignité en ayant un montant de pension de retraite minimum digne, garanti et égal pour toutes les femmes comme pour tous les hommes.
-Se bat aussi pour un relèvement du montant minimal de la pension de retraite pour tous et toutes, (0% écart de retraite H/F).
Sachez aussi que nous ne vous laisserons pas noyer le poisson avec des idées comme celle de  prétendre réduire autant l’inégalité des pensions entre les hommes et les femmes en prétendant que les femmes accumuleraient plus de pensions que les hommes « grâce » à des périodes assimilées telles que le crédit-temps, le congé parental ou le chômage. Non !
Par contre, votre volonté d’éviter que la rupture d’une relation conjugale n’ait un effet négatif sur la pension du partenaire resté au foyer avec les enfants devrait permettre à beaucoup de femmes de mettre un peu de beurre dans les épinards et c’est bien !

Mais attention, sachez que le GANG sera particulièrement attentif à toute velléité d’adapter la recette de « la pension de survie ». Aucune adaptation de cette recette ne pourra pousser les personnes tombées en situation de veuvage à devoir chercher un emploi pour survivre.

5 – Mettons les pieds dans le plat principal :
Vous semblez prétendre avoir gagné le « Top Chef »  parce que vous auriez obtenu qu’à partir de 2024, la pension minimale sera de 1.585€ par mois…


Rappelons que lors de notre premier entretien vous nous avez aussi dit que dans le cadre des pensions, vous aviez quand même une bonne latitude et que les pensions minimums allaient être augmentées de 22% d’ici 2024 (budget : 1,8 milliard d’ €) + l’enveloppe bien-être et les indexations.
Pourtant, au premier Chef, voici notre point de vue sur vos pensions minimales qui nous font penser que, non seulement  on pédale dans la choucroute mais que les carottes sont cuites :
La pension minimum fin 2020 était de 1.291 euros par mois après 45 ans de carrière [il n’y a pas de différence entre le net et le brut puisque le seuil d’impôt est de 1.305 euros].
En 2024, cela ferait donc 1.291 x 1,22 = 1. 575 euros BRUT par mois, ce qui ferait 1.450 euros NET par mois.
Mais, tenant compte de l’inflation (supposée réalistement de 1,5% par an) entre 2020 et 2024, 1.450 euros en 2022 sont égaux à 1.365 euros en 2020 !
Alors, en 2024, comment arriver à faire bouillir la marmite avec une augmentation réelle de la pension minimum qui serait de seulement 75 euros par mois pour une carrière de 45 ans. Autant dire mettre les Vieux au pain sec et à l’eau…
Avouez, chère Karine Lalieux que si c’était vrai, nous serions TRES LOIN des revendications du GANG, basées, elles, et sur le coût de la vie quand on est Vieux, et sur le coût moyen d’une MRS et sur la dignité humaine exigible en fin de vie :
• Le relèvement du montant minimal de la pension de retraite pour tous et toutes, (0% écart de retraite H/F – calculé en novembre 2020) à 1.690 € net liée au bien-être. (Minimum pension-décente universelle)
• Relever les seuils de taxations, d’imposition des pensions de retraites (fruit d’un salaire qui a déjà été imposé) : les seuils de saisissabilité, les seuils d’attribution de la GRAPA, les seuils d’attribution du statut BIM et donc indirectement les seuils d’attribution d’aide juridique ET d’assistance judiciaire.
• Plafonner le prix d’une place dans une Maison de Retraite (MR) et/ou une Maison de Retraite et de Soins (MRS) à un prix 10% inférieur au « Minimum pension-décente universel ». Les Vieux aussi ont droit à un minimum d’argent de poche. 


Cerise sur le gâteau, le « Gang des Vieux En Colère » REFUSE :


• Toute velléité de retarder l’âge de l’accès à la pension complète de retraite, après 65 ans.
• Toute augmentation d’impôt liée à une indexation ou à toute autre augmentation, du montant des retraites.


Parce que voyez-vous, Madame la Ministre, demain, il faudra bien que les Vieilles comme les Vieux puissent croquer la vie à pleines dents avant d’avaler leur extrait de naissance.
 
6 – Et les desserts, dans tout cela, privés ?
          C’est une farandole dont ne devrions parler au café…


Il y a le contrôle GRAPA, le statut cohabitant, la fracture numérique, les bonus revenus et plein d’autres gourmandises dont il faudra parler rapidement.  Mais, comme c’est pas de la tarte, chaque chose en son temps.
 
Comme vous l’aurez compris, Madame la Ministre, chère Karine Lalieux, après avoir lu avec quel appétit vous comptiez manger les Vieilles et les Vieux, nous ne sommes pas sortis de l’auberge.
Avant que l’un de nous soit à couteaux tirés, et plusieurs d’entre nous aiguisent déjà les leurs, il serait préférable que nous parlions.

Proposez-nous une date, une heure et, c’est promis, nous trouverons le moyen de nous libérer.
 
Dans l’attente de votre invitation à échanger le temps d’une visioconférence, nous vous prions, Madame la Ministre, chère Karine Lalieux, d’accepter l’assurance de notre plus haute considération.
 
Michel HUISMAN


Porte-parole
Gang des Vieux en Colère – Gang van de Razende Ouderen
Tel – 00 32 473 344 582 
gangdesvieuxencolere@gmail.com

Partagez cet article / Deel dit artikel !
Ce contenu a été publié dans Article ABONNES. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.